« 15 juin 1838 » [source : BnF, Mss, NAF 16334, f. 268-269], transcr. Armelle Baty, rév. Gérard Pouchain, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.2450, page consultée le 06 mai 2026.
15 juin [1838], vendredi matin 10 h. ½
De quelque manière que je m’y prenne mon adoré, vous ne venez pas. Je ne vous gronde
pas, je ne vous en veux pas, mais je suis triste.
Il paraît que ce n’est pas
Jourdain qui a apporté la frange mais son
ouvrière. En même temps, il a fait demandera si je ne pourrais pas lui donnerb un billet pour un de ses cousins qui part lundi. Comme Suzette n’est pas très au fait, elle ne m’a rien dit
de plus mais comme Jourdain doit venir aujourd’hui il me donnera des explications.
Je
continue, mon amour, à vous aimer et à me consumer bêtement en désir et en impatience
de vous voir. Il viendra cependant un jour où j’en prendrai mon parti. Il ne serait
pas juste que je m’affligeasse éternellement d’une absence dont vous ne vous souciez
pas. Voilà qu’il pleut, le temps se met à l’unisson avec mon humeur. Il n’aurait tenu
qu’à vous, mon adoré, que je fusse la plus aimable des femmes ce matin et surtout
la
plus heureuse. Je ne vous en veux pas, je vous le répète, mais je suis triste. Jour mon petit o, jour, je vous aime. Vous êtes bien méchant de n’être pas venu ce matin.
Vous trouverez le temps d’aller chez Salvandy et vous ne trouvez pas celui de m’aimer.
Juliette
a « demandé ».
b « donné ».
« 15 juin 1838 » [source : BnF, Mss, NAF 16334, f. 270-271], transcr. Armelle Baty, rév. Gérard Pouchain, in Juliette Drouet, Lettres à Victor Hugo, éd. dirigée par Florence Naugrette, [en ligne], https://juliettedrouet.univ-rouen.fr/lettres/jd.entry.2450, page consultée le 06 mai 2026.
15 juin [1838], vendredi soir, 9 h. ¾
Mon pauvre-bien aimé, j’ai eu une crise du bas-ventre et des reins à ne pouvoir plus respirer. Si j’avais été chez moi, j’aurais pris un bain. Il y avait bien longtemps que je n’avais eu d’aussi fortes douleurs. Je ne crois pas, mon pauvre adoré, que je puisse m’en aller à pied ce soir, à moins cependant que tes chers beaux yeux ne soient trop malades. À propos, mon amour, il paraît que vos chaussettes sont très belles et très bonnes. Plus tard nous saurons si elles sont bon marché. En attendant, j’ai très bien réussi et vos jolis petits pieds seront très bien vêtus. J’ai tortde vous faire si beau que ça. Vous me trahissez bien déjà QUE TROP. Mon bijou d’homme je vous aime, mon Toto je vous désire, mon amour je vous attends. En attendant que vous me mettiez en cage, je vous prie de me mettre en broche, je vous assure que je suis très grasse et très TENDRE. Regardez-y, regardez-y, vous verrez ! Soirpa, soir To. J’ai bien du mal mais je ris, je m’impatiente mais je rage, je t’aime mais je t’adore. Voilà la différence, et puis vous êtes mon pauvre petit homme chéri, vous êtes mon grand Toto bien-aimé.
Juliette
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Juliette Drouet.
Les indiquent les repères chronologiques de la vie de Victor Hugo.
elle est engagée au Théâtre de la Renaissance, où le rôle de la Reine dans Ruy Blas, écrit pour elle, lui échappe.
- Janvier-févrierReprise d’Hernani à la Comédie-Française (les 20, 23, 25, 27, 29 et 31 janvier et les 6, 9, 12, 18, 21, 23 février).
- MarsReprise de Marion de Lorme à la Comédie-Française (les 8, 10, 12, 15, 17, 20).
- 25 marsReprise d’Angelo tyran de Padoue à la Comédie-Française, toujours avec Mlle Noblet, mais avec Mlle Rabut dans le rôle de Catarina. Dans cette distribution, la pièce est jouée les 7, 11, 14 et 19 août 1838, le 2 septembre 1838, les 7 et 15 février, le 6 mars et le 6 mai 1839, puis encore une fois le 2 décembre 1841.
- MaiAnténor Joly, directeur du Théâtre de la Renaissance, engage Juliette Drouet.
- 12 aoûtHugo lit Ruy Blas achevé à Juliette.
- 18-28 aoûtVoyage avec Hugo en Champagne. Le 19 août, Adèle Hugo adresse une lettre à Anténor Joly pour le dissuader de confier le rôle de la Reine à Juliette Drouet.
- 8 novembrePremière de Ruy Blas au Théâtre de la Renaissance. Louise Beaudoin joue le rôle de la Reine.
